Sur Arduino, un shield est une carte d’extension qui s’empile par-dessus la carte mère en reprenant le format Uno. Le Pico ne suit pas ce standard : il a son propre brochage (40 broches), et son écosystème d’extension prend deux formes — des cartes porteuses (carrier boards) sur lesquelles on enfiche le Pico, et des cartes d’extension / packs / HATs conçus pour son brochage. La logique reste celle du shield : une carte dédiée à une fonction, qui accapare un jeu de broches précis qu’il faut connaître pour éviter les conflits. Là où un module se relie par fils Dupont, une carte d’extension se clipse — pas de câblage.

À quoi ça sert ?

C’est la voie rapide pour ajouter une fonction conséquente sans étude de câblage : une carte porteuse (type Maker Pi Pico, Pico Breadboard Kit) expose les broches du Pico vers des borniers, ajoute boutons/LED/buzzer/lecteur SD. Un pack (écran, capteurs, relais) se branche directement sur la rangée de broches. Trois apports : gain de temps, robustesse mécanique (enfichage rigide), et un câblage déjà documenté. Limite, comme pour le shield Arduino : la carte occupe ses broches en exclusivité.

Procédure pas à pas

Quatre étapes : identifier le brochage occupé, enficher, alimenter, installer la bibliothèque.

1. Identifier les broches occupées

Toute carte d’extension utilise des GPxx précis. Pour les connaître : la documentation officielle (à lire avant d’engager le choix de la carte et avant de câbler autre chose), la sérigraphie de la carte, ou un test en enfichant puis en repérant les broches sollicitées. C’est l’étape qui évite les conflits : si une carte écran utilise le SPI sur certaines broches, ces broches ne sont plus libres pour autre chose.

2. Enficher la carte

Opération mécanique : aligner le Pico (ou la carte d’extension) sur le connecteur, pousser doucement jusqu’à l’assise. Points de vigilance : aligner avant de pousser (une broche tordue entre dans le mauvais trou) ; respecter le sens (repère USB / broche 1) ; ne jamais enficher/retirer sous tension (débrancher l’USB d’abord).

3. Alimenter l’ensemble

  • Extension faible puissance (écran, capteurs) — l’USB du Pico suffit.
  • Extension à actionneurs (relais, moteurs) — alimentation séparée pour la charge (bornier de la carte porteuse), GND commun avec le Pico. Voir alimenter la carte.

4. Installer la bibliothèque

La plupart des cartes d’extension ont une bibliothèque dédiée (souvent fournie par le fabricant, ex. Pimoroni). Voir utiliser une bibliothèque. Une fois sur la carte, on pilote chaque fonction par les GPxx documentés :

from machine import Pin
# Exemple illustratif : la doc de la carte indique le GP de chaque fonction
buzzer = Pin(18, Pin.OUT)     # GP à remplacer par celui de votre carte
buzzer.on()

Pièges

Conflit de broches. Deux extensions qui veulent les mêmes GP ne cohabitent pas. Lire les brochages avant de combiner.

SPI/I2C partagé. Plusieurs périphériques sur le même bus partagent les broches mais doivent avoir des CS/adresses distincts. Sinon ils répondent en même temps et la communication est corrompue.

Carte sous-alimentée. Une extension à actionneurs qui tire son courant via l’USB fait rebooter le Pico. Alimentation externe dès qu’il y a de la puissance.

Brochage 3,3 V. Une carte d’extension prévue pour une logique 5 V (rare, mais existe via adaptateurs Arduino) doit être compatible 3,3 V — sinon translateur de niveau (niveaux de tension).

Enfichage à chaud. Enficher/retirer sous tension peut détruire des broches par court-circuit transitoire. Toujours débrancher l’USB d’abord.

Cas particulier — Shields Arduino sur Pico, et carte porteuse maison

  • Réutiliser un shield Arduino sur un Pico nécessite une carte d’adaptation (Pico-to-Uno) qui remappe les broches. C’est possible, mais le code doit pointer les bons GP, et la compatibilité 3,3 V doit être vérifiée.
  • Carte porteuse maison — une plaque pré-percée ou un PCB simple qui enfiche le Pico et route quelques composants discrets : l’étape intermédiaire entre la breadboard (volatile) et le PCB dédié, et un démonstrateur final plus convaincant qu’un montage sur breadboard.

Raccrochage projet

  • Étape 4 de la phase de concept — une carte porteuse/extension disponible peut être un accélérateur de PoC (« on prend cette carte, on gagne du temps »).
  • Étape 2 de la phase de preuve de concept — enfichage et test de l’extension isolée avant intégration.
  • Étape 4 de la phase de dossier technique — décision « carte porteuse » vs « PCB dédié » sur le critère robustesse / délai / reproductibilité.

Une carte d’extension bien choisie est un gain net de temps de PoC et de robustesse. À l’inverse, accumuler des extensions aux brochages incompatibles est un piège qui se paye sur la durée.

Voir aussi