KiCad est la suite libre et gratuite de conception de circuits imprimés (EDA) la plus répandue : éditeur de schéma, éditeur de circuit imprimé, bibliothèques de composants et d’empreintes, export des fichiers de fabrication. Multiplateforme, sans limite de taille, hébergée par la Linux Foundation depuis 2019 et développée avec le soutien historique du CERN, c’est l’outil de référence pour mener un projet du schéma à une carte fabricable. Cette fiche est un tuto-outil du hub circuit imprimé.
Prendre capture d’écran de la fenêtre de démarrage de KiCad et de ses deux éditeurs principaux côte à côte : l’éditeur de schéma (Eeschema) à gauche, l’éditeur de circuit imprimé (Pcbnew) à droite.
À quoi ça sert ?
KiCad couvre tout le flux de conception de carte dans un seul outil :
- saisir un schéma électronique propre et vérifié (Eeschema) ;
- associer une empreinte à chaque composant (l’objet physique correspondant) ;
- router la carte — placer les composants et tracer les pistes de cuivre (Pcbnew) ;
- vérifier automatiquement le schéma (ERC) et le routage (DRC) ;
- exporter les fichiers Gerber et de perçage pour la fabrication. KiCad sait aussi produire le format IPC-2581, qui rassemble tout le dossier de fabrication en un seul fichier, encore peu demandé par les fabricants.
C’est un logiciel installé en local (Windows, macOS, Linux), gratuit et sans bridage. C’est le standard libre pour qui veut concevoir des cartes sans dépendre d’un service en ligne.
Prendre en main
- Créer un projet KiCad — il regroupe le schéma, le circuit imprimé et les fichiers associés sous un même nom.
- Saisir le schéma dans Eeschema — placer les composants depuis les bibliothèques, les relier par des fils, annoter (numéroter les composants), puis lancer l’ERC (Electrical Rules Check) qui repère les broches non connectées et les incohérences.
- Associer les empreintes — à chaque composant du schéma, attribuer l’empreinte physique correspondant à son boîtier réel (vérifiée contre la datasheet).
- Basculer dans Pcbnew — importer la netlist du schéma, placer les composants sur la carte, définir le contour, puis router les pistes (manuellement ou avec l’aide du routeur).
- Vérifier (DRC) — le Design Rules Check contrôle largeurs de pistes, isolations et courts-circuits avant toute fabrication.
- Exporter les Gerber et le fichier de perçage — le livrable transmis au fabricant ou à l’atelier.
Prendre capture d’écran de Pcbnew montrant une carte 2 couches en cours de routage : composants placés, pistes tracées en rouge (dessus) et vert (dessous), contour de carte visible.
Note
ERC et DRC : deux garde-fous à lancer systématiquement. L’ERC vérifie le schéma (broches oubliées, conflits), le DRC vérifie le routage (pistes trop fines, isolation insuffisante, courts-circuits). Les exécuter avant de commander attrape la majorité des erreurs coûteuses. Une carte fausse commandée est une série perdue.
Exemple — Une petite carte capteur
On conçoit une carte autonome simple : un microcontrôleur, un capteur de température en I²C, un régulateur 3,3 V et un connecteur.
Prendre capture d’écran du schéma KiCad de la carte : le microcontrôleur au centre, le capteur relié en I²C (deux lignes SDA/SCL), le régulateur d’alimentation, et le connecteur, avec les valeurs annotées.
- Schéma — placer le microcontrôleur, le capteur, le régulateur et le connecteur ; relier l’alimentation, la masse et les deux lignes du bus ; annoter et passer l’ERC.
- Empreintes — attribuer à chacun son boîtier réel (le bon pas pour le connecteur, le bon format pour le régulateur).
- Routage 2 couches — placer les composants, ajouter un plan de masse sur la couche inférieure, router les pistes de signal au-dessus, élargir les pistes d’alimentation.
- DRC, puis export Gerber — relire le rendu dans le visualiseur avant de transmettre.
En une carte volontairement minimale, on a parcouru tout le flux : schéma vérifié, empreintes correctes, routage propre, fichiers de fabrication prêts.
Pièges
Router avant l’ERC. Tracer des pistes sur un schéma non vérifié, c’est router des erreurs. On lance l’ERC et on fige le schéma avant Pcbnew.
Mauvaise empreinte. L’erreur la plus coûteuse : une empreinte au mauvais pas ou au mauvais boîtier donne une carte où le composant ne se soude pas. Vérifier chaque empreinte contre la datasheet.
Bibliothèque d’empreintes manquante. Un composant exotique peut n’avoir aucune empreinte toute prête. Il faut alors la créer ou l’importer, sans quoi le routage est bloqué. Avant de la dessiner soi-même, on regarde du côté des bibliothèques ouvertes : le CERN a publié la sienne en mai 2026 — plus de 17 000 composants, symboles et empreintes, sous licence CERN-OHL-P.
Oublier le plan de masse. Router toutes les masses en pistes fines au lieu d’un plan dédié dégrade les signaux. Ajouter une zone de cuivre de masse.
Ne pas relire le Gerber. Exporter et commander sans ouvrir le visualiseur de Gerber laisse passer des fautes invisibles dans l’éditeur. Une dernière relecture du rendu réel s’impose.
Voir aussi
- Circuit imprimé — le hub : flux de conception, couches, frontière fabrication
- Analyser un schéma électronique — savoir lire le schéma qu’on saisit
- Simulation électronique — valider le montage avant de le router
- Lire une datasheet — empreintes, brochages et contraintes des composants
- Dossier technique — où la carte conçue est documentée