L’alimentation du XIAO ESP32-S3 se fait de trois façons — USB-C, batterie LiPo rechargeable, ou 5 V externe — et la carte intègre la gestion de charge de l’accu. Cette fiche explique comment la nourrir, la recharger sans risque, et surtout combien de temps elle tient sur batterie selon ce qu’elle fait : c’est le mode deep sleep qui change tout.
Trois façons de l’alimenter
- USB-C (5 V) — le cas normal : la carte est alimentée et l’accu se recharge en même temps.
- Batterie LiPo 3,7 V — soudée sur les pads B+ / B− au dos, pour l’autonomie. Attention : sur batterie seule, la broche 5V est éteinte (aucune tension à en tirer).
- 5 V externe — possible sur la broche 5V, mais via une diode en série (Schottky de préférence), anode côté source, cathode côté 5V : elle empêche de renvoyer du courant vers le port USB.
Dans tous les cas, le régulateur 3V3 embarqué fournit la tension logique de la carte et peut débiter jusqu’à 700 mA pour les périphériques. Au-delà, il faut une alimentation séparée.
Recharger l’accu sans risque
Le circuit de charge est embarqué : on branche l’USB-C, ça charge. La LED rouge renseigne : elle clignote pendant la charge, s’éteint une fois l’accu plein (et, sans batterie connectée, s’allume puis s’éteint au bout de ~30 s).
Un point important : le courant de charge est modeste, 100 mA annoncés par Seeed. Une cellule de 400 mAh met donc de l’ordre de 4 à 5 heures à se recharger, la fin de charge à tension constante traînant toujours un peu. Mieux vaut une petite cellule, ou de la patience.
Sécurité batterie LiPo
- Polarité à la soudure : le − est du côté de l’USB, le + du côté opposé. Inverser, c’est détruire la carte (voire pire).
- Utiliser une cellule de qualité, avec circuit de protection (PCM) contre la sur-décharge et le court-circuit.
- Ne pas charger sans surveillance ni hors de la plage de température, et ne jamais percer ni écraser un accu LiPo : risque d’emballement thermique.
Combien de temps sur batterie ?
Le courant consommé dépend entièrement de ce que fait la carte. À titre d’exemple, avec une cellule de ~400 mAh (à 3,8 V) :
| Ce que fait la carte | Courant typique | Autonomie indicative |
|---|---|---|
| Wi-Fi actif (émission) | ~100 mA | ~4 h |
| BLE actif | ~85 mA | ~4 h 30 |
| éveillée, sans radio | ~22 mA | ~18 h |
| light sleep | ~2 mA | ~8 jours |
| deep sleep | ~14 µA | ~3 ans (théorique) |
Voilà le message : en Wi-Fi continu, on tient quelques heures ; en deep sleep entre deux réveils, des mois. Tout l’art de l’autonomie est de dormir le plus possible et de ne se réveiller que par salves (voir deep sleep et sa mise en œuvre côté ESP32 dans deep sleep de l’ESP32).
Ces durées sont théoriques (elles ignorent l’auto-décharge de l’accu, la consommation propre du régulateur et le vieillissement) : à prendre comme des ordres de grandeur, pas comme des garanties. Elles valent pour le XIAO nu : la version Sense dort bien moins profondément (voir sa fiche).
Lire le niveau de batterie
Sur le XIAO ESP32-S3 « standard », aucune broche n’est câblée en interne sur la batterie : les onze GPIO sont tous affectés. On ne peut donc pas lire la tension de l’accu en logiciel par défaut. Au besoin, câbler soi-même B+ vers un pad ADC libre à travers un pont diviseur (pour ramener 4,2 V sous les 3,3 V admissibles).
Voir aussi
- XIAO ESP32-S3 — le hub de la carte
- Deep sleep — le levier numéro un de l’autonomie
- Deep sleep de l’ESP32 — la mise en œuvre concrète
- Alimentation électronique — chiffrer un budget courant
- Niveaux de tension — pourquoi le 3,3 V impose parfois une adaptation
- XIAO — prise en main — flasher la carte